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"Etre femme, arbitre et footballeuse", avec Aurélie Viarouge (Arbitre Super Ligue) - Partie 1

Mis à jour : mars 2



Joueuse de l'ASAF, mais surtout arbitre de Super Ligue, tout le monde a déjà croisé Aurélie. Le sourire bien accroché au visage, cela fait maintenant cinq années qu'elle s'investit pour le football local. Malheureusement, sa belle aventure calédonienne va bientôt toucher à sa fin. Souhaitant lui rendre hommage, FOOTNC est parti à sa rencontre, évoquant avec elle sa passion du football, l'arbitrage calédonien et le football féminin local. Une belle rencontre, riche en enseignements.



Aurélie, merci de nous accorder un peu de ton temps. Peux tu te présenter un petit peu pour ce qui ne te connaisses pas ?

Bonjour Bastien, oui bien sûre. Donc, j'ai 38 ans. Je suis originaire de l'Aveyron. Pour ce qui ne connaisse pas, c'est dans le Sud de la France, grossièrement entre Montpellier, Aurillac et Toulouse. On y trouve Rodez comme grosse ville. C'est un département rural, où il y a beaucoup de campagnes, avec des valeurs humaines et des traditions très fortes.


Tu es donc arrivée sur le caillou il y a 5 ans, c'est ça ?

C'est à peu près ça oui. En juillet, ça fera 5 ans que je suis sur le Territoire. J'y suis arrivé pour raisons professionnelles. J'avais envie d'une expérience en outre-mer, j'avais toujours entendu parler en bien de la Calédonie, donc j'ai voulu tenter l'aventure. Et je n'ai bien évidemment pas été déçue ! Malheureusement, comme tu l'as dit en préambule, mon séjour ici touche bientôt à sa fin, dans quelques mois, donc j'essaie de profiter au maximum de chacun de ces derniers instants.


Aurélie garde toujours le sourire, même ici lors des courses à vélo

Tu es connue en Calédonie, pour être une arbitre de la Super Ligue. Pour que tout le monde comprenne, quel parcours faut-il réaliser pour devenir arbitre fédéral ?

Et bien tout d'abord, que ce soit en Calédonie ou ailleurs, pour devenir arbitre fédéral ou provincial, il faut avant tout devenir arbitre "officiel". Et pour cela, il faut passer un examen écrit sur la connaissance des lois du jeu. Ca peut paraitre simple comme ça, mais ce n'est pas parce que l'on pratique le football depuis plusieurs années, que l'on connaît forcément les véritables règles du jeu, et surtout leur subtilité. Une fois cet examen validé, et après avoir pratiqué un temps en tant qu'arbitre provincial, on peut postuler pour devenir arbitre "fédéral". Pour cela, il faut passer devant une commission de la Fédération, qui en fonction de notre présence et nos notes aux différents stages d'arbitre, mais également à nos performances lors de nos matchs supervisés, évalue notre capacité à devenir arbitre fédéral. Certains choisiront aussi de ne rester qu'arbitre provincial, et officieront dans les Comités.


Et nous imaginons qu'une fois ce titre d'arbitre fédéral acquis, vous avez probablement une formation continue, non ?

Bien évidemment ! Chaque début de saison, nous avons une formation dite de "recyclage" organisée par la Fédération, où ça peut être l'occasion de prendre connaissance de l'évolution des règles du jeu. Après, entre nous déjà, nous essayons continuellement de nous perfectionner. Si on veut progresser dans l'arbitrage, il faut "pratiquer" : arbitrer un maximum de matchs, pour acquérir les réflexes, les sensations. Puis, "se perfectionner" : analyser sa performance sur le terrain, à l'aide de la vidéo ou de débats avec ses collègues arbitres. Par exemple, avec Marius Gaicoin et Eric Pougin, avec qui j'officie souvent et que je salue bien fort, nous échangeons beaucoup sur nos matchs, sur les décisions prises, bonnes ou mauvaises. Le but c'est de s'améliorer, pour proposer le meilleur arbitrage possible aux licenciés.


Aurélie, et ses deux acolytes habituels, Marius Gaicoin et Eric Pougin


C'est une question épineuse, mais qui fait néanmoins partie du "métier". Combien un arbitre officiel fédéral gagne-t-il en moyenne par match ?

Effectivement, ça peut paraître épineux comme question, puisque je ne pense pas qu'il y ait un seul arbitre fédéral qui officie pour le côté financier. Mais, même si je n'ai pas en tête les montants exacts, dans un but de transparence, je vais te donner des chiffres estimés. Un arbitre fédéral touche à peu près 8000 francs pour un match, alors qu'un assistant touche lui 5500 francs. Voilà. Mais, encore une fois, il ne faut pas faire arbitre pour l'aspect financier, car on risque d'y prendre peu de plaisir et surtout de mal faire les choses.


Pour finir sur l'arbitrage, quel est ton plus beau souvenir ou le match qui t'auras le plus marqué, en tant qu'arbitre depuis que tu es sur le territoire ?

Ce n'est pas une question facile, j'ai assisté à beaucoup de très belles rencontres. Mais je dirais malgré tout, la Finale de la Coupe Calédonie de 2019, entre Hienghène et Lossi. Nous avons arbitré avec mes collègues habituels, Marius et Eric, et cette Finale a été une vrai fête. Un très beau match, avec de l'enjeu et un public qui avait répondu présent au rendez-vous. Ca restera un très bon moment pour moi. Et j'espère qu'il y en aura encore d'autres !


Merci Aurélie ! Et on te dit à très vite pour la deuxième partie de notre entretien, qui portera cette fois sur le football féminin.

Pas de souci, à très vite oui !


Hienghène se rappelle bien de cette Finale de Coupe de Calédonie 2019, c'est la 3ème fois qu'ils remportaient le trophée


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