FOOTNC s'engage contre le COVID ! (Les explications simples du Dr Bastien ANTOINE sur l'épidémie)


Ce jeudi, FOOTNC était heureux de s'associer à la Fédération Calédonienne de Football dans un article traitant de la crise sanitaire en Calédonie. Alors que la situation devient très préoccupantes ces derniers jours, FOOTNC, vous propose ce samedi, par l'intermédiaire de son responsable, le Dr Bastien ANTOINE, de revenir sur quelques points importants de l'épidémie du COVID19 sur notre Territoire. Le but de cet article étant de redonner des repères claires et vérifiés à chacun d'entre nous.



Mercredi, la situation est devenu très préoccupante en Calédonie, avec plus de 1000 nouveaux cas détectés en une seule journée. Ce jeudi, le nombre de décès a lui doublé.


🔹 Préambule du Dr Bastien ANTOINE :

" En prenant la parole de la sorte, je sais que je m'expose à de vives critiques. Mais devant la situation qui devient de plus en plus critique sur le Territoire, nous ne pouvons pas pour autant rester les bras croisés. Cet article, n'a absolument pas pour but d'être une propagande. Il y a énormément de "désinformation" actuellement sur les réseaux sociaux, ce qui perturbe les calédoniens et les met quelque-part en danger. Cet article a donc pour vocation de rappeler à tous, des repères vérifiés sur l'épidémie du Covid19, et de répondre à des questions que certains pourraient se poser."


🔹 Bases de l'infection par le COVID19 :

- Mode de transmission : par voie AERIENNE uniquement : lorsqu'une personne infectée tousse, éternue, nous parle de trop prêt; mais aussi après avoir serré une main ou touché une poignée de porte et qu'on met notre main à la bouche (importance de se laver les mains)

- Temps d'incubation ( = période entre le moment où on est infecté et le moment où les premiers symptômes se déclarent) : en moyenne 5 jours, mais peut aller jusqu'à 14 jours. Durant cette période d'incubation, on est contagieux même si on n'a pas de symptômes !

- Principaux symptômes :

Symptômes les plus fréquents : fatigue, fièvre et toux

Autre symptômes (moins fréquents) : mal de tête, courbatures, mal de gorge, perte odorat et goût, diarrhée

Attention : 50% des patients infectés n'ont aucun symptômes !

- Spécificité du Variant Delta : Le variant Delta est le variant du Covid qui sévit en Calédonie. S'il ne paraît pas entraîner plus de forme grave que les autres variants, il est beaucoup plus contagieux (2 fois plus), d'où la diffusion rapide dans la population calédonienne ou encore à Tahiti.

Le vaccin Pfizer administré en Calédonie est efficace contre ce variant.


🔹 Quelques Repères à rappeler :

"L'épidémie du Covid19 peut être plus grave/mortelle en Calédonie que dans d'autres pays"

Pour trois principales raisons :

- le nombre important de patients à risque de faire des formes graves en Calédonie (Diabétique, Surpoids..), et pouvant nécessiter donc une hospitalisation en Réanimation.

- l'"intergénérationnalité" dans les foyers : beaucoup de calédoniens vivent nombreux dans un même foyer et avec des personnes âgés sous leur toit. En cas d'infection d'une personne à la maison, ça sera souvent 4-5 personnes à la fois qui seront infectées. S'il y a une personne âgée, elle sera à risque de faire une forme grave.

- le nombre de lit limité de Réanimation sur le Territoire : en Mars 2020, le Médipôle annonçait pouvoir augmenter son nombre de lit en réanimation jusqu'à 75 lits. Il n'y aura pas la possibilité de transfert de patients vers d'autres régions comme on a pu le voir en France par exemple.

"La situation en Calédonie est devenue critique ces derniers jours"

Dans le contexte décrit ci-dessus, la situation ces derniers jours est passée de préoccupante à très préoccupante (voir critique). La mise en évidence de plus de 1100 nouveaux cas dans la seule journée de mercredi montre que le virus diffuse très vite dans la population. Les services hospitaliers du Médipôle, dont le Service de Réanimation, se remplissent très vite. Si le nombre de cas continuent à augmenter de la sorte, l'hôpital pourrait alors rapidement se retrouver saturés, et tous les patients le nécessitant ne pourront pas alors être hospitalisés en Réanimation.


"Le seul moyen de stopper cette première vague est un confinement très strict. Il n'y a pas d'autre moyen dans l'immédiat."

Si nous ne faisons pas ce qu'il faut, nous pourrions dans les jours à venir être confrontés à de nombreux décès. La première chose à faire est d'être bien à l'écoute des directives données par le Gouvernement et par les médecins si vous vous rendez dans un centre hospitalier. Deuxièmement, le seul moyen de "casser" cette première vague de COVID19 en Calédonie dans les jours, voir semaine à venir, c'est le confinement. Il n'y a AUCUN autre moyen dans l'immédiat. Le nombre de nouveaux cas chaque jour ne s'arrêtera de grimper QUE si nous respectons un bon confinement durant une période donnée. Les gestes barrières doivent également être appliqués au mieux, mais ces derniers n'étant pas toujours bien réalisés, moins nous serons en contact avec d'autres personnes, moins nous serons à risque de faire circuler le virus.


"Après la première vague de Covid, le virus ne disparaitra pas de la Calédonie."

Une fois que la première vague sera passée, le virus ne disparaîtra pas de la Calédonie. C'est une quasi-certitude, du fait notamment de la très haute contagiosité du variant delta. Il faudrait un confinement extrêmement long, de plusieurs mois, pour que seul le confinement puisse faire disparaître totalement le Covid de la Calédonie. Je ne pense pas qu'un confinement (bien réalisé) de 3 ou 4 mois ne soit envisageable en Calédonie.


"Même si elle n'est pas totalement parfaite, la seule solution à disposition des Calédoniens pour éviter une d'autres vagues du Covid19 et retrouver une vie normale est la vaccination."

En cas de non-vaccination de la population Calédonienne, une fois que le confinement sera levé et que les calédoniens reprendront une vie petit à petit normale, le virus se remettra à diffuser à bas bruit dans la population, jusqu'à créer une deuxième vague, comme ça a été le cas à plusieurs reprises en métropole, ou plus proche de chez nous à Tahiti. L'exemple de Tahiti doit nous servir. Entre leur première (fin 2020) et leur deuxième vague (aout 2021), seul 28% de la population s'est vaccinée. Depuis 1 mois et demi, le Covid a entraîné plus de 500 morts en Polynésie. Pour information, il faudrait que 80% de la population calédonienne soit vaccinée pour pas qu'il n'y ait d'autres vagues et que nous retrouvions une vie normale.


Nombre de cas atteints du Covid à Tahiti, avec une deuxième vague "explosive" dû à la contagiosité élevé du variant delta.

Au moment du début de la deuxième vague, seul 26% des Tahitiens avaient une vaccination complète.


🔹 Point sur le vaccin :

Préambule sur la Vaccination :

"Avant de revenir plus en détail sur des points qui posent question sur la vaccination. Je voudrais préciser qu'en temps normal je ne suis pas spécialement "pro-vaccin", ou ni "anti-vaccin". Mais, devant l'évolution de la crise en Calédonie, je me dois d'être pragmatique : La seule solution aujourd'hui, même si elle n'est pas à 100% parfaite, pour éviter d'autres vagues du virus et retrouver une vie normale, c'est la vaccination."


" Le vaccin n'empêche pas totalement d'avoir la maladie, ni de le transmettre, mais il diminue de 90% le risque d'avoir la maladie, et évite surtout que tout le monde arrive en même temps à l'hôpital, ce qui sauvera des vies."

C'est une des remarques qui revient avec le plus d'insistance sur les réseaux sociaux, et qui a tendance logiquement à "poser question" à de nombreuses personnes. Je pense que c'est dû à une confusion sur le réel rôle du vaccin contre le Covid, que je vais essayer de vous expliquer. La confusion vient en fait du fait qu'en temps normal, lorsqu'on nous parle de vaccin, chez les enfants notamment (DTP, Rougeole), c'est pour empêcher totalement d'avoir une maladie. Or, dans le cas du Covid, ce n'est pas le cas. On aimerait bien que ce vaccin empêche totalement d'avoir le Covid, mais ce n'est pas le cas. Il faut revenir au contexte dans lequel ce vaccin a été mis en place pour comprendre pourquoi ce n'est pas le cas : le vaccin a été mis en place il y a 1 an et demi, alors qu'il y avait des milliers de décès chaque jour en métropole et dans les autres pays d'Europe, par manque de place dans les hôpitaux. L'urgence à ce moment là a donc été de trouver le plus rapidement possible un vaccin qui permette de diminuer le nombre de formes "graves" du Covid, pour qu'ainsi les services hospitaliers ne soient pas saturés et que les formes graves qui persistaient tout de même puissent être prises en charge. Bien évidemment, on préfèrerait tous que le vaccin du Covid éradique complètement la maladie, on le trouvera probablement un jour, mais pour le moment celui qu'on a à disposition permet surtout que nos capacités hospitalières ne soient pas dépassées par le nombre de cas graves qui arrivent tous les jours, et qu'il y ait le moins de mort possible.


"Lorsqu'on est vacciné, on a 90% de risque en moins d'attraper le virus et 90% de risque en moins de faire une forme mortelle"

S'il n'empêche pas totalement d'avoir la maladie, le vaccin Pfizer qui est disponible en Calédonie permet tout de même de diminuer de 90% le risque d'attraper le Covid, et permet de diminuer de 90% le risque d'avoir une forme grave si on attrape tout de même le Covid. Au final, le vaccin nous permet à titre individuel d'avoir beaucoup moins de risque d'être contaminé et de déclarer une forme grave. Et de manière collective, il permet qu'il y ait assez de place dans les hôpitaux pour les gens qui seraient tout de même infectés et qui présenteraient une forme grave.


"En période d'épidémie, il y a beaucoup plus de risque d'avoir une forme mortelle du Covid, même pour un jeune, qu'un effet indésirable grave du vaccin, qui sont extrêmement rares"

Nous ne sommes pas des "cobayes" comme certains peuvent le dire, puisque dans notre malheur, la chance des calédoniens est d'être un des derniers pays dans le monde à être infecté par le Covid19 et donc à avoir recours au vaccin. Ce qui nous permet d'avoir tout de même un recul de quasiment 2 ans par rapport aux lancements des vaccins dans les autres pays. Et la conclusion est que jusqu'à présent, les effets indésirables graves liés au vaccin, notamment du vaccin Pfizer, sont restés extrêmement rares. Beaucoup, beaucoup plus rares, en tout cas que le risque de faire une forme grave du Covid, même chez les plus jeunes.


"Un jeune ne se vaccine pas uniquement pour les personnes âgées. Il se vaccine aussi pour se protéger à lui. Il y a des formes mortelles chez les jeunes."

Il est certain que plus on est âgé, plus on a de risque de faire une forme grave. Mais si un jeune se vaccine, ce n'est pas uniquement pour ne pas contaminer les personnes âgées, c'est aussi pour se protéger à lui même. Car les formes sévères voir mortelles du Covid chez les jeunes existent ! A Tahiti, qui est une population qui se rapproche de la notre, actuellement 24% des personnes hospitalisées à cause du Covid ont moins de 44 ans, et on a appris hier qu'un patient de 48 ans est décédé en Calédonie.



🔹 Conclusion du Dr Bastien ANTOINE :

"Comme dit en préambule, je suis conscient que de prendre la parole de la sorte m'expose, et que je risque de faire l'objet de remarques très négatives. Mais, je pense que la situation en Calédonie est devenue assez grave, pour que chacun essaie d'amener sa petite pierre à l'édifice.

En outre des explications précédemment données, je voudrais également revenir sur deux choses :

- Premièrement, nous ne devons pas nous laisser influencer par les reprises politiques, de tout bord, dont cette crise sanitaire peut faire l'objet. C'est de notre de notre santé, et de celle de nos proches qu'il s'agit, avant tout.

- Deuxièmement, nous devons nous opposer à toute forme de désinformation qui sévit sur les réseaux sociaux ("fake news", buzz, article complotiste non avéré..) qui déstabilisent et mettent en danger les calédoniens.

Enfin, dans une période aussi difficile que celle-ci, qui touche tous les calédoniens, essayons d'être le plus solidaire et respectueux possible."


Pour illustrer ses propos, FOOTNC se permet de mettre en avant le Futsal calédonien, lieu au quotidien de respect, de solidarité et d'une interculturalité exemplaire.



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