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L'Interview FOOTNC : Bertrand BRIAL - "L'arbitrage m'a permis de croiser Messi, Modric, H. Kane.. !"

Dernière mise à jour : 14 déc. 2021


Comme chaque semaine, retrouvez sur FOOTNC des interviews exclusives des acteurs majeurs du football calédonien.


Cette semaine, c'est l'arbitre international calédonien, Bertrand Brial, qui nous fait le plaisir de répondre à nos questions. En 2018, il réalisait le rêve de nombreux : être aux côtés des plus grandes stars du ballon rond et vivre de l'intérieur une Coupe du Monde de football. Ce moment d'exception, c'est l'arbitrage qui le lui a donné. De ses débuts au sifflet au vestiaire de l'Argentine de Messi, il revient pour nous sur son parcours d'"homme en noir".


 

Bertrand, avant d'être arbitre de football, tu as probablement pratiqué n'est-ce pas ?

Evidemment ! Même si j'ai découvert le football plutôt sur le tard et notamment grâce à la dynamique insufflée par la victoire de la France en Coupe du Monde 98. En Calédonie, j'ai évolué à l'Olympique de Nouméa. Je n'étais pas le plus talentueux mais je me défendais sur le terrain. J'occupais le poste de milieu de terrain ou d'arrière gauche. Lors de mon séjour en métropole, pour finir mes études et pour débuter ma carrière professionnelle (enseignant), j'ai également pratiqué.


Comment en es tu arrivé à l'arbitrage ?

Et bien, ça a été un peu par hasard. Lorsque j'évoluais avec l'équipe d'entreprise de l'OPT de Poissy, en région parisienne, nous avons eu besoin de désigner 2 arbitres. Nous nous sommes donc lancés dans l'aventure avec un ami. Personnellement, même si c'est une approche différente du football, j'y ai rapidement pris goût.


Bertrand Brial


Tu y as tellement pris goût que tu as fini par devenir "arbitre FIFA". Comment devient-on arbitre FIFA ?

Chaque Fédération de Football peut proposer à la FIFA un quota d'arbitres pour qu'ils, ou elles, deviennent arbitres internationaux ou "arbitres FIFA". Pour ce qui est de la Calédonie, avant de présenter un dossier, la FCF évalue les arbitres sur plusieurs critères, dont la condition physique (nous avons des tests physiques plusieurs fois par an), la connaissance des lois du jeux, ainsi que la capacité à contenir un match. Si la FCF juge le candidat comme apte, elle peut proposer le dossier à la FIFA, qui validera ou non. Ensuite, pour accéder aux compétitions internationales, nous participons d'abord à des compétitions de l'OFC dans le Pacifique. Nous sommes évalués durant ces compétitions, et en fonction l'OFC propose des candidats à la FIFA, pour les compétitions internationales. Cette dernière étudie les dossiers et convoque généralement les arbitres à des semaines de tests, avant de donner une liste finale pour la compétition.


Ce statut d'arbitre FIFA t'a permis de réaliser le rêve de nombreux fans de foot en 2018 : vivre de l'intérieur une Coupe du Monde. C'était en Russie, comment ça se passait au quotidien ?

Personnellement, j'ai été sur deux sites en Russie : à Moscou et à Nizhny. A chaque fois, nous étions logés tout confort dans des hôtels de renom (Hilton, Sheraton). La journée, lorsque nous n'avions pas match, nous participions à des entrainements d'arbitrage pour nous familiariser avec la VAR par exemple, et toujours garder une forme physique optimale. A Moscou, les entrainements se passaient au centre d'entrainement du Locomotiv Moscou, ou bien directement dans leur stade. A Nizhny, nous avions des séances en salle de sport à l'hôtel, ou alors directement au stade où se déroulait les matchs. C'était un stade de 45.000 places, c'est toujours assez impressionnant à voir.


Bertrand Brial et les autres arbitres officiels avant le match Suède - Corée du Sud


A quel match as tu pris part durant cette Coupe du Monde 2018 ?

J'ai eu la chance de participer à 4 matchs, et pas des moindres : Suède - Corée du Sud, Argentine - Croatie, Angleterre - Panama et Suisse - Costa Rica.


Tu as pu croiser les plus grands joueurs de ces équipes à cette occasion ?

Evidemment, oui ! Lors de ces matchs, j'étais désigné 5ème arbitre. J'allais donc accompagner le 4ème arbitre, qui était le tahitien Robert Hauata, pour contrôler les équipements des joueurs. Je me suis donc retrouvé dans les vestiaires avec Lionel Messi, Di Maria, Modric, Harry Kane, Vardy.. Le professionnalisme primait à ce moment là, mais ça reste tout de même de très beaux souvenirs.


Messi et les argentins, avant le match contre la Croatie de Modric


Des moments inoubliables que tu dois à l'arbitrage. Justement, quel message pourrais tu faire passer aux jeunes calédoniens qui voudraient s'essayer à l'arbitrage ?

Je pense qu'il ne faut pas hésiter à se lancer. C'est une approche du football qui est différente, mais qui relève de beaucoup de responsabilités. Puis, aujourd'hui, il ne faut plus voir l'arbitre comme quelqu'un de seul sur un terrain. Actuellement, on arbitre à 3, 4, 5, avec la VAR... C'est toute une équipe qui essaie de mener à bon port un match ! Enfin, comme j'ai pu le décrire, c'est également l'occasion de participer à des évènements extraordinaires, aussi bien au plan Territorial, avec la Finale de la Coupe de Calédonie par exemple, qu'international, avec des compétitions aussi unique que la Coupe du Monde. Non, vraiment, je pense qu'il ne faut hésiter à se lancer, et un peut-être qu'un beau jour, comme certains d'entre nous, vous aurez la chance d'ouvrir les yeux dans un stade de 45.000 places.
































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