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L'interview FOOTNC du vendredi : Jean-Marie SABOT (docteur Fédération), qui êtes vous ?

Dernière mise à jour : sept. 5



Jean-Marie Sabot est le "docteur" du football calédonien depuis maintenant quasiment 15 ans. Ayant pris part à la plupart des épopées des Sélections Cagous sur cette période, tout comme à la Coupe du Monde des Clubs avec Hienghène Sport en 2019, il a accepté de revenir pour FOOTNC sur son histoire avec le football calédonien, sur ses meilleurs souvenirs, mais également sur ses projets pour la santé des footballeurs calédoniens.



Jean-Marie, merci beaucoup pour votre disponibilité. Pour faire un petit retour en arrière, depuis quand votre histoire avec le football calédonien a-t-il commencé ?

Tout d'abord, il faut savoir que mon histoire avec le football a commencé il y a bien longtemps. Très jeune, j'habitais un village de cheminot nommé Culoz, proche d'Annecy. A cette lointaine époque, en l'absence de télévision, les week-ends étaient consacrés au ballon rond. Les fils des cheminots voulaient tous jouer sur le terrain et moi le fils du pharmacien, j'évoluais dans le but. Egalement, à l'issue de mes études de médecine, j'ai présenté une thèse sur le pied et la chaussure de football en coopération avec les joueurs de l'Olympique Lyonnais, alors coachés par un certain Aimé Jacquet. Par la suite, au fil de mes mutations, cette passion du football m'a toujours suivi : en Guyane, à Tahiti, à la Réunion, à l'île Maurice, au Cambodge... et ont été à l'origine d'amitiés inoubliables. Pour ce qui est du football calédonien, tout a commencé en 2007, avec les Jeux du Pacifique. La Sélection était alors dirigée par Didier Chambaron, et nous avions monté une "équipe médicale" avec le kiné Bruno Tezenas. Les Cagous ont gagné la médaille d'or et le tandem médical avec Bruno a alors été adopté. Depuis, je suis toujours resté à la disposition de la Fédération Calédonienne de Football.


Jean-Marie Sabot à la Coupe du Monde U17 avec la Sélection Cagou


Quels ont été vos moments passés avec le football calédonien les plus marquants ?

Il y en a de nombreux ! De la Coupe d'Outremer jouée en métropole, en passant par les Jeux du Pacifique remportés avec les coachs Coursimault et Sardo en 2011 et 2015, sans oublier la Coupe Danone en 2007 parrainée par Christian Karembeu et jouée en Papouasie, tous ont été de magnifiques expériences. Après certains moments reviennent avec encore plus d'insistance. Mon plus grand regret restera la Nations Cup de 2012. La Sélection Cagou alors coachée par Alain Moizan battait la Nouvelle-Zélande, 2-0, mais perdait en finale contre Tahiti, 1-0. On loupait là de peu l'occasion de participer à la Coupe des Confédérations au Brésil et de jouer au mythique Stade Maracana. Heureusement, d'autres moments ont été plus joyeux comme l'inoubliable expérience de la Coupe du Monde des U17 en Indes en 2017. Une équipe qui avait été qualifiée par mon regretté ami Michel Clarque.


Désormais, quelles sont vos missions au sein du football calédonien aujourd'hui ?

Désormais retraité de mon métier de médecin, j'ai signé un contrat de bénévolat avec la Fédération Calédonienne de Football, qui m'alloue un local au CTE de Paita. Cela me permet d'assurer le suivi des Sélections et de l'Académie. Certains clubs me demandent parfois également de les suivre pour les compétitions internationales, comme ça a été le cas avec Hienghène Sport lors de la Coupe du Monde des Clubs et la formidable aventure au Qatar. Sinon je reste disponible auprès de tous pour des avis si nécessaire.


En 2011, Jean-Marie Sabot s'investissait déjà pour la Sélection Cagou Féminine (Jeux du Pacifique 2011, Médaille d'argent)

Enfin, si on se penche strictement sur la santé des footballeurs et footballeuses calédoniens, avez vous remarqué des blessures qui reviennent fréquemment ? Auriez vous quelques conseils à donner ?

Concernant les blessures, je constate que les lésions des genoux (ménisques, ligaments croisés) sont fréquentes et sont malheureusement souvent vues tardivement, car tous les clubs n'ont pas de kiné ou de médecin du sport à disposition pour les diagnostiquer. Après, en dehors des blessures, je pense qu'il faut avant tout insister sur la "prévention". Et ça va peut-être en étonner certains, mais la prévention des blessures des footballeurs ça commence dès l'hygiène dentaire. Les caries ou autres infections des dents sont régulièrement à l'origine de tendinites, lésions musculaires voire plus gravement d'atteintes cardiaques. J'incite donc tous les joueurs, petits comme grands, à entretenir une bonne hygiène dentaire, et à consulter régulièrement un dentiste. Ensuite les soins des pieds sont évidemment aussi très importants. La coupe régulière des ongles ou le séchage des orteils après la douche pour éviter les champignons sont des éléments incontournables. En ce qui concerne les pieds, il faut aussi en finir avec l'échange des chaussures entre les joueurs, car chacun a un pied différent et l'échange des crampons est souvent la cause d'ongles incarnés, de mycoses, ou mêmes d'ampoules. La chaussure doit être l'outil personnel de chaque footballeur. Enfin, j'encourage aussi tous les joueurs et parents à tenir à jour leurs documents de prise de charge, afin de ne pas retarder en cas de nécessité les examens médicaux. Ce sont pleins de petites choses, mais ce sont ces petites choses qui peuvent permettre à nombreux de ne pas avoir à arrêter leur passion du ballon rond.


Jean-Marie Sabot, entouré de Bertrand Kaï et Roy Kayara (Hienghène Sport)






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