L'interview FOOTNC du vendredi : Léon WAITRONYIE nous présente le "Pôle des Iles"


Alors que malheureusement, on l'apprend, le monde du football calédonien va devoir s'armer d'encore un peu de patience pour retrouver le chemin des terrains, FOOTNC préfère de son côté se tourner vers ce qui marche : pour sa maintenant habituelle "Interview du Vendredi", FOOTNC vous propose de faire un focus sur le "Pôle des Iles" de Lifou. Grand pourvoyeur de talent calédonien, ce centre de "préformation" a quasiment aujourd'hui 10 ans. L'occasion pour nous de faire un bilan avec un de ses responsables, l'expérimenté Léon Waitronyie.



Léon, merci de répondre à notre invitation, tout d'abord faisons un petit retour en arrière. Depuis quand et comment le Pôle des Iles de Lifou a-t-il vu le jour ?

Ce que beaucoup appellent communément le "Pôle des Iles" existe depuis 2013. C'est une initiative qui était venue de l'actuel Président de la Province des Iles, Jacques Lalie, qui à l'époque occupait le poste de Président de la Commission des Sports, et qui avait eu dans l'idée de faire de l'excellence sportive au sein de la Province des Îles. La Direction de la Jeunesse et des Sports, gérée par Grégoire Armien à ce moment là nous avait aussi bien aidé dans ce projet. En 2013, sont donc nés trois centres d'entrainements de sports différents : Football, Volley-ball et Tennis. Il faut souligner que le nom "Pôle des Iles" est une déformation, puisque nous nous parlons plus de "Centres Provinciaux". Pour le football, c'est donc le "CPIE Football", qui veut dire "Centre Provincial Îles d'Entrainement de Football".


Comment s'organise donc ce CPIE Football ?

Le CPIE, qui se trouve sur Lifou, n'est pas le seul centre de préformation sur les Iles Loyautés. Il est précédé de trois "Centres Communaux d'Entraînement", appelés donc "CCE", qui détectent et s'occupent des jeunes joueurs des îles Loyautés, lors de leurs années de 6ème et 5ème. Nous avons un CCE sur chaque île : Maré, Ouvéa et Lifou. Ce n'est qu'en classe de 4ème (5ème pour les filles) que les joueurs les plus prometteurs incorporent le CPIE sur Lifou. Nous avons donc 15 joueuses et joueurs au centre. Ils sont internes au Collège de Havila, et ont 3 entrainements par semaine pour les filles, 4 pour les garçons.


Les filles du CPIE, encadrées par Cédric Wejieme (coach SC Ne Drehu Super Ligue)


Comment se fait le recrutement au CPIE ? Y a-t-il une journée de détection ?

Il faut voir le cheminement depuis son début. Tout d'abord, en cycle 3 (CM1, CM2) nous mettons en place des interventions en milieu scolaire sur chaque Île, pour commencer à observer un peu les joueurs et les intéresser. Le recrutement pour la rentrée en CCE, où le joueur restera en 6ème et 5ème, se fait donc à la sortie du primaire. En fin de 5ème, nous organisons une journée de détection dans chaque île, puis les meilleurs de chaque île sont convoqués à un stage de sélection les premières semaines des vacances scolaires. Les meilleurs sont finalement détectés pour intégrer le CPIE sur Lifou.


Effectuez vous parfois des matchs avec le CPIE ?

Il est certain que rien ne remplace la compétition, et que c'est lors des matchs que l'on voit réellement l'évolution des jeunes joueurs. Pour notre part, nous répondons présents à tous les championnats UNSS et tournois de Sections Sportives. Nous avions aussi comme ambition d'essayer de faire sortir un peu nos joueurs de la Calédonie. Nous travaillions sur des déplacements en Nouvelle-Zélande ou en métropole, malheureusement le Covid en 2020 nous a un peu coupé dans notre élan. A noter, enfin, que nous n'avons pas de club "tuteur" au CPIE. Les jeunes joueurs sont donc libres de prendre une licence dans le club qu'ils souhaitent sur Lifou, pour prendre part aux matchs du Championnat du District de Lifou le week-end.



La suite logique à ce centre de préformation voudrait que certains jeunes approchent le monde professionnel. Avez vous une entente ou un Partenariat avec des clubs professionnels ?

C'est effectivement la suite logique. Nous avons commencé à accompagner deux de nos jeunes pour des essais dans des clubs professionnels en 2018. Abiezer Jeno a signé à Amiens et Kiam Wanesse à Troyes. En 2019, nous avons emmené deux autres jeunes pour des essais à Troyes et à Guingamp, mais ça n'a pas été concluant. En 2020, de nouveaux essais étaient prévus, mais là aussi le Covid est venu s'en mêler. A noter, qu'un superviseur de Laval était venu en 2015, il s'agissait de l'ancien conseiller technique de la FCF, Christophe Cousimault. Toutes les charges avaient à l'époque été prises en charge par la Province des Îles. Nous pouvons donc dire que nous travaillons sur ces Partenariats avec des clubs professionnels. Ils devraient repartir de plus belle après la période de Covid.


Peux tu nous donner quelques chiffres ou indications de ce que sont devenus les joueurs passés par le CPIE aujourd'hui ?

Je peux oui, même si c'est en toute humilité et uniquement à titre informatif que je donne de ces chiffres. Le chiffre qui est assez parlant je trouve, c'est qu'en 2017, pour la Coupe du Monde des U17 en Inde, 11 joueurs sélectionnés sur 21 étaient originaires du CPIE. Ca a été une vraie fierté et un gage de réussite pour nous à l'époque. Je peux dire aussi que 90% des joueurs qui sont passés au CPIE jouent aujourd'hui, ou au moins ont évolué, en Super Ligue Calédonienne.


La Sélection Cagou U17 en 2017


Enfin, le CPIE paraît aujourd'hui rodé. Comment penses tu qu'on puisse encore l'améliorer ?

Je pense qu'on peut toujours améliorer les choses. Déjà, en continuant nos projets de matchs en dehors de la Calédonie et de Partenariat avec des clubs professionnels. Ensuite, après presque 10 ans de vie, maintenant que le projet est opérationnel, nous pouvons je pense continuer à améliorer le côté "technique" du Centre. Dans ce but, nous avons besoin du département technique de la Fédération Calédonienne de Football pour nous venir en aide dans ce domaine. Nous travaillons ensemble dans un seul et même but, la progression de nos jeunes.



Quelques photos souvenirs du CPIE :






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